Si l'histoire de Berlin commence tardivement, elle s'accélère à partir de la fin du XVIIIe. Les 60 dernières années et les évènements dramatiques liés à la seconde guerre mondiale ont particulièrement marqué la ville, sa population, sa topologie, son histoire. La mémoire est ici un devoir, un devoir envers les victimes mais aussi une nécessité pour conjuguer la vie au futur.

La liste ci-dessous est interactive, vous pouvez cliquer sur les différents lieux pour vous rendre directement à l'infomation souhaitée.

Denkmal für die ermordeten Juden Europas (Mémorial pour les Juifs européens assassinés), Jüdisches Museum Berlin (Le Musée Juif de Berlin), Neue Synagogue (La Nouvelle Synagogue)
Homosexuellen-Denkmal (Mémorial Homosexuel), Schwulen Museum (Musée de l'Homosexualité)
Sowjetisches Ehrenmal Treptow (Mémorial Soviétique de Treptow)Soldatenfriedhof und Sowjetisches Ehrenmal (Cimetière Mémorial des victimes Soviétiques)
Mauer Denkmal (Mémorial du Mur), Museum Haus am Checkpoint Charlie (Musée du Mur de Checkpoint Charlie), DDR Museum (Musée de la RDA)


Les Lieux de Mémoire Juive.


Denkmal für die ermordeten Juden Europas (Mémorial pour les Juifs européens assassinés)
memoire juive
Ebertstraße, 10117 Berlin

Horaires du centre de documentation: De avril à septembre, mar dim 10 - 20 h, de Octobre à Mars, mar dim 10 - 19 h.
Tarifs: Entrée libre

Conçut par l’architecte américain Peter Eisenmann (*1932), "Der Holocauste Denkmal" est après diverses péripéties et scandales, inauguré le 10 mai 2005. Il s’articule en deux parties.
À la surface, 2711 stèles de hauteurs variables en béton gris anthracite, occupent 19 000 m². Larges de 95 centimètres, longues de 2,38 mètres, elles sont plantées en rangées régulières sur un sol irrégulier. L’effet voulu est celui d’une dislocation du « Moi » dans un labyrinthe mouvant.
En sous-sol, un centre de documentation est constitué de quatre salles à ordonnance thématique.
La Salle de l’Information, "Ort der Information" documente l'ampleur du crime soit entre 5,4 et 6 millions d’hommes femmes et enfants juifs assassinés. Ici sont présentés des documents historiques, témoignant des différents moyens mis en œuvres, pour la résolution de la solution finale. Documents officiels et statistiques, mais aussi témoignages de survivants, journaux intimes et lettres se complètent pour nous permettre d’appréhender cette tragédie humaine.
Dans la "Salle des Noms": "Die Raum der Namen", sont projetés les noms des disparus figurant sur les listes du Mémorial de Yad Vashem en Israël. Une voix-of lit une courte biographie de chacun.
La Salle du Silence, "Raum der Stille" se compose de vitrines retraçant des destinées particulières. Elles présentent les photos de douze familles disparues, de nationalités, cultures, et couches sociales diverses.
La dernière salle présente une archive vidéo, où sont réunis sous le titre "Parler malgré tout",des témoignages de survivants. Elle n’est ouverte au public que le dimanche.

www.holocaust-mahnmal.de

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Jüdisches Museum Berlin (Le Musée Juif de Berlin)
musée juif
Lindenstraße 9-14, 10969 Berlin

Horaires: Lun 10 - 22h, Mar Dim 10 - 20h
Tarifs: 5€, réduit 2,50€

Construit en 1999 par Daniel Liebeskind (*1946) cet édifice impressionnant, tout en zigzags et arêtes, évoque une étoile de David brisée. Ce monument, pur produit du dé-constructivisme, est un saisissant rappel de la Shoah.
L'intérieur du bâtiment est un étrange agencement de couloirs et de salles, qui provoque chez le visiteur un sentiment mêlé de vertige et d'étouffement.
Le musée juif abrite une exposition permanente, retraçant la vie quotidienne de la communauté juive à Berlin et en Allemagne depuis sont installation.
Le fonds se compose de livres et d'objets de culte, d'une série de documents historiques et d'oeuvres d'art.
Il accueille aussi des expositions temporaires.

www.juedisches-museum-berlin.de

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Die Neue Synagogue (la Nouvelle Synagogue)
synagogue Oranienburger Straße 28-30, 10117 Berlin

Horaires: Dim Lun 10 - 20h, Mar jeu 10 - 18h, Ven 10 - 17h
Ticket: 3 €, réduit 2 €

Milieu XIXe siècle, suite à une forte émigration Russe et Polonaise, la communauté juive de Berlin augmente fortement, elle compte vers 1860 environ 28 000 membres. Le conseil central acquiert en 1856 un terrain sur la rue d’Oranienburg et lance en avril 1857 un concours d'architecte pour la construction d'une nouvelle synagogue.
Eduard Knoblauch (1801-1865), le lauréat commence la construction en 1859 et termine en 1866. Knoblauch, gravement malade, doit laisser la place à son ami Friedrich August Stüler (1800-1865), qui exécutera la majorité des travaux et à qui l’on doit l'aménagement intérieur.
Le style est néo-byzantin, mêlé à quelques incursions mauresques inspirés par l'Alhambra de Grenade en Espagne. Comme le veut l’époque, le bâtiment repose sur une ossature métallique, visible au niveau des piliers d'appui peints, et invisible pour la construction du plafond de la salle et de la grande coupole.

Theodor Fontane (1819-1898) écrit en 1865 dans le journal "Kreuzzeitung" au sujet de la construction de la synagogue: "A tous ceux qui sont intéressés par de nouvelles solutions architecturales, nous recommandons une visite de cette riche maison de Dieu juive, qui efface de loin par sa magnificence et sa grandeur tout ce que les églises chrétiennes ont jusqu'à présent montré".
Malgré l’éloge de Fontane, la synagogue a de nombreux détracteurs. Les libéraux pensent que le style du bâtiment va stigmatiser leurs différences et freiner leurs intégrations à la société allemande. Les conservateurs pensent eux que c’est un "beau théâtre mais nullement une synagogue" et contestent en particulier l'utilisation de l'orgue pendant l’office, les antisémites y voient une provocation.
Toutefois la Nouvelle synagogue est considérée comme l'édifice religieux le plus somptueux de Berlin, jusqu'à sa profanation par les nazis lors de la Nuit de cristal du 9 novembre 1938. Le dernier office est célébré le 30 mars 1940, date à laquelle l'armée la confisque pour l'utiliser comme dépôt de matériel. Restée à l'état de ruine jusqu'à la chute du mur, elle a été depuis sa restauration, aménagée en musée de la communauté juive de Berlin et comprend en plus de l'espace de prière relativement réduit, un foyer socio-éducatif, ainsi que des restaurants et des cafés casher.
Sa reconstruction a été volontairement partielle afin de symboliser la césure de l'holocauste : en lieu et place du sanctuaire, apparaît le tracé des aménagements antérieurs.

www.cjudaicum.de

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Les Lieux de Mémoire Homosexuelle.


Homosexuellen-Denkmal (Ménorial Homosexuel)
ménorial homosexuel
Tiergarten, au coin de la Lennenstraße et de la Ebertstraße.

Dans leur obsession de la persécution, les nazis poursuivirent les homosexuels. Sur plus de 100.000 hommes enregistrés par la police pour délit homosexuel, environ 43.000 ont été condamnés de 1935 à 1945 en vertu de l’article 175 et 175a du Code pénal du Reich.
L'homosexualité féminine n’a pas été poursuivie, car elle a été jugée moins menaçante pour l’idéal nazi.
Selon des estimations prudentes, ont été emprisonnés dans des camps de concentration entre 5000-15000 hommes homosexuels. Les condamnés étaient marqués d’un triangle rose. Ils furent l’objet de traitement particulièrement cruel de la part des SS, souvent rejetés par leurs codétenus et exclu d’une quelconque solidarité. C’est pour ces raisons que la survie des hommes porteurs du triangle rose fut très faible, dans les camps de concentration.
Conçu par le duo d’artistes dano-norvégien Elmgreen et Dragset, c’est un bloc de béton de 3,60 de haut et 1,90 mètre de large, dans laquelle par une fenêtre, on peut voir un court-métrage où deux hommes s'embrassent.
Très simple, très sobre et très beau geste.

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Schwulesmuseum Le Musée de l'Homosexualité
musée de l'homosexualité
Mehringdamm 61, 10961 Berlin

Horaires: Lun Dim 14 - 18h, Sa 10 - 19h, Fermé le Mardi.
Ticket: 5 € réduit 3 €

Le Musée de l'Homosexualité, outre ses expositions thématiques, est un centre de recherche. Il s’attache à documenter les différents aspects de la vie homosexuelle, son histoire et sa culture.

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Les Lieux de Mémoire Russe.


Sowjetisches Ehrenmal Treptow (Mémorial Soviétique de Treptow)
mémorial soviétique
Parc de Treptow

Dans Treptower Park se dresse le monumental Mémorial soviétique où 4 800 soldats sont enterrés dans le jardin du mausolée et 200 directement sous le monument funéraire, soldats soviétiques tombés lors de la bataille de Berlin.
Construit de 1946 à 1948 par l'architecte Jakow S. Belopolski, avec le sculpteur Jewgeni W. Wutschetitsch, et le peintre Alexander A. Gorpenko, comme "Symbole de la victoire de la glorieuse Armée Soviétique contre le fascisme hitlérien", on dit que le granite de la nouvelle Chancellerie d'Hitler fut utilisé pour la construction du monument.
Le mémorial s’étend sur 10 hectares entre la Puschkinallee et la rue "Am Treptower Park".
Un monument à la mémoire des soldats soviétiques tombés pendant la seconde guerre mondiale se trouve sur l’avenue Unter den Linden face à la Porte de Brandenburg, celui-ci est l'oeuvre du sculpteur Wladimir Zigal et des l’architectes Nikolai Sergijewski et Lew Kerbel.

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Soldatenfriedhof und Sowjetisches Ehrenmal Schönholzer Heide (Cimetière Mémorial des victimes Soviétiques de Schönholzer Heide)
mémorial soviétique
Parc de Schönholzer Heide, Germanenstraße, 13156 Berlin

Le Parc de Schönholzer Heide qui était au XIXe siècle le lieu de prédilection des promenades familiales du dimanche, a été transformé au cours de la Seconde Guerre mondiale en un des plus grands camps de travail forcé.
Entre 1947 et 1949 les architectes Konstantin A. Soloviev, M. et WD Belarnzew Korolev et le sculpteur Ivan G. Perschudtschew, y construisent un cimetière militaire où reposent plus de 13.000 officiers et soldats dont 120 femmes de l'Armée Rouge, morts dans les derniers combats à Berlin d'avril à mai 1945. Ce sanctuaire est aussi dédié aux victimes Russes mortes dans les camps de concentration ou en esclavage.

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Les Lieux de Mémoire du Mur.


Mauer Denkmal (Le Mémorial du Mur)
mémorial du mur
Bernauer Straße 111, 13355 Berlin

Horaire: Mar Dim 10 - 18h en été, Mar Dim 10 - 17h en hiver
Entrée gratuite

L’ensemble commémoratif de la Bernauer Straße situé à Prenzlauer Berg comprend, un centre de documentation, la restauration d’une section de mur, la Kapelle der Versöhnung (la chapelle de la réconciliation) et une galerie de photo en plein air.
Le centre de documentation abrite, une exposition permanente, une importante documentation multimédia, une bibliothèque.
Au dernier étage se trouve une plateforme panoramique qui offre une vue complète sur le segment commémoratif du mur conservé et aide à comprendre toute la difficulté à vouloir le traverser.
la Bernauer Straße est devenue un lieu symbolique. Le 13 août 1961, la rue fut irrémédiablement et pour 50 ans coupée en deux, un trottoir à l’Est et un à l’Ouest. Pendant les mois suivants la Bernauer restera un des rares endroits où l’on peut encore se parler ou se voir. Certains n’hésiteront pas à sauter des immeubles qui dans un premier temps ne sont pas encore évacués ou murés. C’est le théâtre d’évasions célèbres comme le tunnel.

www.berliner-mauer-dokumentationszentrum.de

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Museum Haus am Checkpoint Charlie (Musée du Mur de Checkpoint Charlie)
mémorial du mur
Friedrichstr. 43-45, 10969 Berlin

Horaire: Lun Dim 9 - 22 h
Ticket: Adulte 12,50 €, Ecolier, Etudiant 9,50 €, Enfant -6 ans gratuit

Checkpoint Charlie est un des points historiques de passage entre Est et Ouest.
Le musée du mur de Checkpoint Charlie propose une exposition permanente sur l’histoire du mur et divers témoignages historiques de la lutte internationale pour les droits de l’homme. C’est aussi le musée de la fuite, y sont exposés, entre autres, différents objets et moyens utilisés par les fugitifs et leurs passeurs.

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DDR Museum (Musée de la RDA)
musee RDA
Karl-Liebknecht-Str. 1, 10178 Berlin

horaire: Lun Dim 10 - 20 h, Sam 10 - 22 h
Ticket: 6 €, reduit 4 €

Le DDR Museum retrace l'histoire de la vie de tous les jours dans l'ancienne République démocratique allemande, DDR étant l'abréviation de la Deutsche Demokratische Republik. Il présente des produits quotidiens de la vie quotidienne au temps du communisme : bustes de Lénine, voitures Trabant, uniformes des « Jeunesses socialistes », café Mocca-Fix, cosmétiques Florena et cornichons Spreewald (Spreewaldgurken).
Très didactique ce musée permet au visiteur de se promener dans l’univers graphique et les objets du quotidien de la DDR. Il peut satisfaire sa curiosité, ouvrir les tiroirs des meubles du salon, explorer les placards de la cuisine, ou bien encore lire des magazines.
La visite est agréable, tout est mis en scène, on pourrait aussi bien être dans le décor d’un film que dans une maison de poupée géante.
Il est ouvert depuis 2006 et certains disent que le film Good Bye Lenin! y est pour quelque chose, il serait le déclencheur de que l’on peut appeler l’Ostalgie : "nostalgie de la RDA"